Simon Crétaux, un pur produit du Ch’ti| Par Blandine Houdart

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Berckois depuis deux ans, Simon Crétaux est un pur joueur du Nord. Fort de son accent, ses coéquipiers ont tendance à ne pas comprendre ce qu’il dit lorsqu’il parle le ch’ti. Très apprécié du public, ses larmes avaient ému le public berckois.  Le p’tit gars du Nord est une pièce maitresse du jeu de l’ABBR tant par son agressivité que sa détermination à faire chuter l’adversaire. Pour Les-Confessions.com, il nous confie son attachement de plus-en-plus grand à la ville de Berck, à ce public, laissant planer l’envie de continuer encore quelques saisons.

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Présentes-toi en quelques mots…

Je suis né à Lille, je suis un pur du Nord Pas de Calais. J’ai commencé à Saint André. J’étais assez gros et mes parents se sont dit que je devais faire du sport. Du coup j’ai commencé le basket comme ça. Je n’habitais pas loin de la salle. Ensuite ils ont déménagé et j’ai joué à Marcq en Baroeul. C’est là que j’ai commencé à développer mon basket, j’ai été pris en sélection départementale du Nord, j’ai ensuite été pris en sélection régionale.

Après j’ai fini à Liévin, en centre de formation. J’y suis resté de mes 14 à mes 18 ans et à 18 ans j’ai signé mon premier contrat à Liévin. Je jouais en pré-nationale. Un jour, on me fait rentrer contre Mulhouse en Nationale 1 et je mets un panier à trois points et c’est le panier de la victoire. J’ai continué à Liévin encore 4 ans et après je suis parti au Puy-en-Velay. C’était la première fois que je quittais la région.

Ça a du te faire bizarre toi le Nordiste…

Quand tu quittes une équipe comme ça, c’est dur et j’avais aussi ma famille, mes amis. Tous les gens aussi que je connaissais à Liévin, c’est comme si j’étais né à Liévin. J’ai fait de 14 ans à 22 ans,  c’était dur. Mais au Puy ça c’est bien passé. J’ai fait un an là-bas.

Après tu es revenu dans le coin ?

Après avec mon agent, on a regardé pour Berck et on a signé pour deux ans.

Tu te plais bien à Berck ?

IMG_3764Très bien, on retrouve les ressources. Franchement, ça se passe très bien, les gens sont chaleureux, les gens du nord quoi ! Je me suis rapproché de ma famille, de mes amis. Ce qui m’a aussi fait venir ici c’est le public. Tu joues en 4ème division, tu as 1500 personnes en moyenne c’est super. L’une de mes plus grandes émotions à Berck (avant le match de La Charité), c’était face à Caen. Il est 19h15 et je suis sorti du vestiaire, c’était plein, il y avait déjà plus de 2500 personnes. Tu te dis «  tu as de la chance de vivre ça quoi ». Après on perd le match, les gens nous applaudissent. C’était un match de catégorie supérieure. L’une de mes plus belles émotions à Berck.

On dit que les gens du Nord sont chaleureux

Ils n’hésitent pas à donner. Même si tu ne joues pas comme d’habitude, que tu perds, ils sont là. Si tu te bats, ou tu te donnes sur le terrain, que tu es entier, ils seront là. Les gens nous reconnaissent et nous aussi, c’est important d’être proches d’eux. Ils nous remercient sans cesse pour nos matchs et nous quand on les remercie c’est avec ce clapping à la fin, c’est génial cette communion.

 

Tu parles ch’ti, mais quand les nouveaux arrivent, ils ne doivent pas comprendre ton langage ?

Je dis les choses naturellement. Les premiers mois, ils ne comprenaient pas. Maintenant, ça va. Je m’en rappelle, à Liévin, c’était avec David Cilly. Il signe à Liévin et on était en train de courir, je dis simplement « j’espère qu’il ne drachera pas ! », et lui, il me regarde car il  ne comprenait pas. Et l’année d’après, Jérôme Dessart (joueur de l’ABBR en 2013-2014), a la même réaction après avoir dit la même phrase et David lui dit « pleuvoir », donc David parlait ch’ti, il comprenait. Les gars-là, ils comprennent tout.

Si y’en a un dans l’équipe qui pourrait être encore plus ch’ti que toi ?

Amine ! Depuis le temps qu’il est là, il comprend tout, il le parle aussi, même bien. Quand on se tape des délires en ch’ti, il comprend tout.

Le mot que tu utilises le plus souvent en ch’ti ?

M’in gros !

Quand tu t’énerves en parlant ch’ti, ça fait peur ou pas ?

Non j’essaye de m’énerver sans parler ch’ti, sinon les arbitres ne vont pas comprendre. Un jour un arbitre m’a reproché d’avoir un fort accent [rire] pourtant ce jour-là, je ne parlais pas ch’ti.

Tu manges toutes les spécialités du Nord ?

Oui, j’aime le maroilles, les moules frites, mais j’ai plus de mal avec le potjevleesch.

Si tu étais amené à partir dans une autre ville de la région, ce serait où ?

Déjà je serais triste de partir de Berck. C’est clair ! Je pense que pour le club qui m’a formé et donné beaucoup, je dirais Liévin pour le basket. Après, si Berck me permet de rester jusque la fin je veux bien. Je suis bien ici moi. A Berck, j’aime bien la ville, ma vie. Tu as la plage à côté, tu te balades, ça fait du bien. Après si vraiment fallait partir ce serait Liévin.

Tu croises sur ta route des gars avec qui tu étais en formation à Liévin ?

Oui, j’en vois. Certains sont devenus des amis. Sans parler du centre de formation mais de mes coéquipiers en général, j’aime bien garder contact avec eux. L’anecdote veut que j’ai joué pendant 4 ans avec Jérôme et 3 ans avec David, et 6 ans près, je signe à Berck je les retrouve. Ça fait du bien d’arriver et de voir des têtes connues.

Tes souvenirs de basket dans la région ?

Je vais en dire trois :

  • le premier c’est quand je mets le shoot de la victoire contre Mulhouse. J’avais 18 ans. C’était le début d’une épopée. Mes parents avaient les larmes aux yeux, j’étais l’enfant du pays là-bas.
  • le deuxième, l’émotion du début de match contre Caen où l’ambiance était canon. Pourtant j’en ai connu des ambiances mais là, c’était énorme. C’est la première fois que je voyais des gens derrières les panneaux de basket. J’ai préféré cette ambiance que celle contre Mulhouse, puisqu’ils avaient mis des tribunes en dessous des paniers et moi je préfère quand la salle est pleine dans les gradins, c’est plus impressionnant.
  • en troisième, je dirais un mauvais souvenir tu vois. J’aurais une pensée particulière pour mon meilleur pote quand il n’a pas été renouvelé à Liévin. C’était un jeune formé à Liévin et ça m’a fait vraiment mal au cœur, on était toujours à deux. Mais derrière il a très bien rebondi, et aujourd’hui, il est en pro B à Angers.

Donc une envie de rester dans la région ?

Oui, ça reste la priorité mais Berck encore plus ! Je ne me vois pas aller ailleurs pour jouer au basket dans cette région. Avec ce meilleur public de N2, cette ferveur populaire, c’est impossible.

Un dernier mot ch’ti …

Une petite chanson alors pour vous « Dors, min p’tit quinquin, Min p’tit pouchin, Min gros rojin ! Te m’feras du chagrin, Si te n’dors point j’qu’à d’main »

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