Michael Toti, l’explication

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Mis à pied après la défaite contre La Rochelle le 11 février, Michael Toti s’est vu réintégrer l’équipe dix-sept jours après, sans pour autant jouer. Aujourd’hui il se confie sur cette éviction du groupe de l’ABBR.

 

Comment te sens-tu en ce moment ?
Mentalement bien, physiquement, un peu rouillé après cette période d’inactivité.

Comment as-tu appris cette mise à pied ?

Le lendemain du match face à La Rochelle. Le président m’a téléphoné pour me dire que Jonathan Léria et moi même étions écarté du groupe. Il l’a annoncé au groupe le lendemain lors de l’entrainement du dimanche après-midi. Lors de notre conversation téléphonique j’avais demandé au président, si le motif était disciplinaire, il m’avait assuré que non.
Comment l’as-tu vécu ?

Très mal. Je me suis demandé ce que j’avais bien pu faire. J’ai rencontré le président le lendemain pour signer le papier de la mise à pied, j’ai vu que c’était une mise à pied à titre conservatoire, donc avec suspension de salaire. Il m’a alors affirmé à cette occasion que ma mise à l’écart de l’équipe était définitive. C’est à ce moment là que j’ai vraiment compris ce qu’il se passait.

Toute la semaine qui a suivi, j’ai lu des choses dans la presse sur mes relations envers le groupe, mon comportement soit disant inadmissible, ou ma vie en dehors du terrain. J’ai lu des choses sur le déroulement de cette mise à pied. Rien était vrai.

Voir des choses fausses sur soi, ça a été compliqué pour ma famille, qui s’est sentie très vexée que des gens puissent se permettre cela, pour du basketball.

Le coach nous a dit que tu n’étais plus concentré sur le jeu, que réponds-tu à cela.

Premièrement, j’aurais aimé qu’il me le dise en face. La dernière fois qu’il m’a adressé la parole c’était au match de la Rochelle, c’est-à-dire il y a 5 semaines. Depuis, il me dit juste bonjour. Petite anecdote, étant malade la semaine dernière je lui ai envoyé un petit texto pour le prévenir de mon absence. Mais il ne savait pas qui était l’auteur du texto car il n’avait plus mon numéro.

J’aurai aimé avoir la chance de recevoir un coup de fil. Pour qu’il m’explique ce qui avait pu se passer pour arriver à cette mise à pied. J’ai attendu, attendu, mais ce n’est jamais arrivé.

Deuxièmement j’aurais aimé qu’il soit plus précis. Avant cette mise a pied, j’étais le joueur qui avait manqué le moins de matchs et entraînements de l’équipe. Pas de retards, pas d’absences. Donc à quoi faisait-il référence ? Probablement mon livre écrit entre Novembre 2014 et Février 2015. Il y a plus d’un an. Je précise que mes sessions d’écriture se déroulaient en dehors des heures d’entrainement. Ce qui fait, je pense, partie de ma vie privée.

Cette année la nous avons réussi l’objectif convoité depuis plusieurs années. Accéder à la Nationale 1. Et je pense avoir contribué autant que les autres à ces succès.

A ce moment la, je n‘ai jamais lu dans la presse une remarque sur mon professionnalisme. D’ailleurs lorsque j’étais un de ses joueurs majeurs cette année et que nous étions à 7 victoires et 8 défaites, je n’ai jamais rien entendu non plus.

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La montée avec le club de Berck en 2015

Avais-tu déjà vécu cette situation dans ta carrière ?

Non jamais, je n’ai jamais vu quelqu’un apprendre le motif de sa mise a pied en lisant la presse.

Et pour parler avec les autres joueurs du championnat, ils trouvent cela complètement surréaliste connaissant ma personnalité, que je puisse me faire écarter d’un groupe. C’est désormais quelque chose qui va me suivre pendant le reste de ma carrière et surement après.

Comprenez-vous votre mise à pied ?

Non, car elle était à titre conservatoire. C’est réservé aux salariés qui ont commis une faute ou faute lourde. Ce n’est pas mon cas. Donc ça a été un choc de me voir écarté, sans motif.

A la dernière réunion entre joueurs et coach, le coach m’a dit dans les yeux qu’il n’avait rien à me reprocher. Je jouais dans le rôle qu’il m’avait donné. Et nous avions un bilan de presque 50% de victoires (7v-8d). En gros tout fonctionnait.
Dans ma logique, si j’étais amené à le décevoir sportivement, après 1 an et demi de collaboration, je pensais qu’il serait venu me le dire. Avant d’écarter un joueur je pense que c’est la première étape. N’ayant pas changé ma façon de jouer et n’ayant jamais reçu de signes négatifs de sa part, en privé ou en public, j’étais loin de me douter de ce qui passait dans mon dos.

Vu qu’il n’y avait aucun motif disciplinaire, si tout cela c’était déroulé dans le silence, comme avec Wilfried Vallois, j’aurai accepté la décision sans problème. Mais ça ne s’est pas du tout déroulé comme cela.

Ca a vraiment été un choc de me voir écarté, et de cette manière là, sans me dire le motif, sans rien. Quand on sait qu’on a passé 18 mois ensemble et qu’on a gagné ensemble. Ca fait vraiment bizarre.

J’en veux à certaines personnes, car certains cas de mises à pied cette année et l’an dernier ont été traités avec respect et discrétion. Les nôtres beaucoup moins. Cette affaire va à coup sur nous porter préjudice (Jonathan et moi) pour trouver une équipe l’an prochain.

Qu’as-tu fait pendant ce temps de mise à pied ? Suivais-tu toujours l’actualité de l’ABBR ? Tes coéquipiers t-ont-ils soutenus ?

Pendant ma mise a pied, je préparais mon déménagement en attendant ma lettre de licenciement. Car je pensais que mon aventure berckoise était terminée. J’ai reçu un coup de fil de mon agent deux jours après la défaite contre Vitré pour m’informer qu’ils allaient me réintégrer. J’ai été très surpris.

Sinon oui je suivais les actus, j’avais toujours peur qu’un nouveau papier sorte, qu’on dise encore quelque chose sur moi.

Concernant l’équipe, une anecdote m’a touché. Lors du petit déjeuner avant le match contre Vitré, Kevin Thalien avait ramené les croissants et Samir, est venu m’en apporter chez moi pour me montrer que je faisais encore partie du groupe. Ils m’ont toujours soutenu, et attendaient mon retour alors que je ne croyais pas moi même en ma réintégration.

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Crédit photo : Julien François

Que penses tu de ta réintégration ?

Que de mon côté, elle n’était pas attendue. Le président m’a regardé dans les yeux pour me dire que ma mise à pied serait définitive. Donc je ne l’imaginais pas une seule seconde revenir sur cette décision. Je ne sais pas pas du tout ce qui les a poussé à me réintégrer. Aucun élément nouveau n’est apparu dans l’affaire. Et on ne peut pas parler parler d’une punition qui prenait fin, car je n’avais rien commis de répréhensible.

Me concernant, je suis content d’être de retour dans l’effectif. Pour mon retour j’ai pu organiser un repas dans le vestiaire avec l’équipe, c’était un super moment.

Le club te réintègre mais tu ne joues pas, comment le vis-tu ?

 J’essaye d’encourager notre équipe comme je peux, Je n’ai que ça à faire. Applaudir et supporter mes amis est ce que je peux faire de mieux dans la situation.

J’ai été présenté comme l’un des éléments qui poussaient cette équipe à la défaite. Je souhaitais sincèrement qu’ils aient raison. J’aurai eu le sentiment de ne pas avoir été écarté pour rien. La, j’ai juste la sensation d’avoir été mis de coté pour pas grand chose.

Je n’ai pas l’impression que cette mise à pied ait aidé le club. Que ce soit en terme d’image ou de résultats.

Concernant le jeu, vous êtes trois meneurs, est-ce une sorte de compétition entre vous ?

On s’entend très bien donc c’est plus facile. On sait que le facteur confiance est très nettement diminué lorsqu’on joue à trois meneurs car si tu fais une erreur tu peux ne plus revoir le terrain du match. Ca peut créer une certaine inhibition. C’est probablement la raison pour laquelle aucune équipe de ce championnat n’évolue avec trois purs meneurs. Mais je pense que ce contexte compliqué nous a soudé en tant que personnes.

Aujourd’hui, avec du recul, qu’en penses-tu ?

Je ressens un sentiment de gâchis. La pré-saison, c’est le jour 1. C’est la qu’on entrevoit le potentiel de l’équipe. Au jour 1, notre groupe rivalisait avec des équipes milieu de tableau de Pro B. Notre potentiel était énorme avec des joueurs de grand talent et très soudés. Et aujourd’hui beaucoup d’équipes moins talentueuses nous ont distancé. Et en tant que compétiteur, c’est vexant de voir les joueurs des autres équipes se moquer de la pauvreté de notre jeu, ou des faits divers dont le club fait parfois la une.

J’ai été très marqué par cette histoire en tant qu’homme. Non pas que ma situation de basketteur ne m’intéresse pas. Mais en tant que joueur, nous sommes habitués aux critiques concernant le jeu. Tout ce qui est en rapport avec le terrain, d’accord ou pas je l’accepte sans broncher.

Mais critiquer mon professionnalisme et mon comportement sans la moindre preuve et le moindre fondement. Cela m’a vraiment déçu. Humainement ça laissera un gout très amer à une belle histoire.
Que ressens-tu par rapport à tout ce que tu as vécu avec l’ABBR ?

Il y a des personnes qui ont cherché à me faire du mal, gratuitement, pour conserver leur belle côte de popularité. Ca, je ne pardonnerai jamais.

Mais je pense qu’il ne faut pas tout mélanger. Il y a 95% de superbes moments. Je suis juste en train de vivre les 5% qui restent. J’ai des souvenirs forts. Les larmes de David et Amine au Final Four, ou Simon qui joue sur une jambe. Jo qui malgré une blessure très handicapante tenait à aider ce club. J’ai crée des amitiés solides qui vont durer après le basketball.

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Crédit photo : Fabrice Marco Plé

 

 

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