Les confessions de Magali Mendy

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Nous sommes allés à la rencontre de Magali Mendy, la jeune ailière de Chartres qui cartonne cette année en ligue 2. Elle nous parle de sa vie et de sa carrière.

 

Quel genre d’enfant étais tu ?

Plus jeune j’étais une enfant assez discrète et timide ce qui fait toujours partie de ma personnalité je n’ai pas vraiment changé. Avec beaucoup de garçons à la maison, j’ai appris à ne pas me laisser faire, cela m’a donné un caractère plutôt « rebelle » mais j’aime énormément rigoler.

J’étais aussi un vrai garçon manqué, tout le temps dehors avec mes frères à faire du foot, jouer à la console même, et quand ils faisaient des bêtises, je n’y échappais pas. Je ne jouais pas à la poupée, en tout cas très peu.

Combien de frères et sœurs as-tu ? Comment était l’ambiance à la maison ?

J’ai six frères dont deux plus jeunes que moi et une grande sœur. L’ambiance à la maison était juste énorme, c’était animé, ça chambrait tout le temps, plutôt bonne enfant. On rigolait fort et on parlait trop.

Le fait d’être dans une famille sportive a-t-il eu une une influence sur ton envie de faire du sport ?

Forcément oui, car c’était presque une « religion » chez nous tout le monde pratiquait ou regardait du sport. Les garçons c’était le foot, ma sœur et moi le basket au début, mais elle s’est finalement réorientée vers le handball. A l’école, j’avais l’interdiction d’avoir une mauvaise note en EPS sous peine d’être « taillée ».

Ton premier amour était l’athlétisme, pourquoi avoir finalement choisi le basket ?

Petite, j’étais passionnée d’athlétisme je voulais courir tout le temps, sans arrêt faire la course. Et dire qu’aujourd’hui je n’aime pas ça.

J’ai finalement choisi le basket tout simplement parce qu’une copine qui était inscrite me l’a proposé, elle n’a pas poursuivi et depuis moi je n’ai jamais arrêté.

Avais-tu des idoles de jeunesse dans le basket ou dans d’autres sports ?

San Antonio Silver Stars v Phoenix Mercury

La meneuse Becky Hammon

Honnêtement je regardais très peu le basket à la télé ou les autres sports, au point d’avoir des idoles mise à part au catch américain. Si je devais décider d’une joueuse, je dirais Becky Hammon, j’aime son style de jeu qui est très technique et décisif.

A quel moment tu t’es rendu compte que tu avais de réelles aptitudes pour le basket ?

J’ai fait les tests d’entrée au pôle Ile de France, je n’ai pas été prise mais pendant les vacances scolaires je faisais les tournois avec les joueuses du pôle. A la suite de ça, j’ai été retenue pour le T.I.Z avec la zone nord ce qui représente l’entrée à l’Insep. C’est à ce moment là que je me suis dit, il y a peut être moyen de faire quelque chose.

Y a-t-il des personnes qui t’ont marqué dans ton évolution ?

Oui des amies avec qui j’ai grandi, un coach avec qui j’ai été à Orly. Comme Lahaou Konaté qui évolue actuellement à Evreux, j’étais avec lui sur les parquets des gymnases à Orly. Sophie Bertrand que j’ai rencontré au centre de formation à Reims et Fabrice Lefrançois qui m’a donné la chance d’intégrer le centre de formation. Rosalie Marie Ciss que j’ai côtoyé à Pleyber Christ et que j’ai retrouvé à Chartres, elle m’encourage et me donne des conseils aussi. Bien sur, il y en a d’autres qui ont eu une influence positive dans ma carrière jusqu’à présent, mais ces trois personnes me semblent les plus importantes, parce qu’elles ont su être là et même aujourd’hui lorsque que j’ai des doutes, des craintes, des remises en question, elles savent aussi me dire les choses que je n’aime pas forcément entendre.

Tu es issue de la région Parisienne et à 18 ans tu rejoins le centre de formation de Reims, pourquoi ?

Avant Reims j’avais tenté d’intégré 2-3 centres de formation sans succès, à la fin de ma dernière année cadette j’avais vraiment envie de partir d’Orly pour jouer à un plus haut niveau. J’ai rejoins le Reims Basket Féminin (ex : Saint Jacques Sport) parce que mon coach avec qui j’évoluais en national 3, a reçu une offre et m’a proposé une nouvelle aventure parce qu’il connaissait mon désir de jouer au dessus.

Dès la saison suivante, tu intègres l’équipe pro, qu’as-tu ressenti ?

C’était la grande surprise, je n’étais pas prête pour ça, même si j’y baignais déjà un peu car je faisais les entraînements avec la Ligue et que je jouais le week-end avec mon équipe en NF3. Tout s’est enchaîné, passé de la NF3 à la NF1 (ligue 2 aujourd’hui). Ce n’était pas évident, on te demande d’être professionnelle mais quand tu as 19ans ce n’est pas simple. Je n’avais pas de temps de jeu, ce que je comprenais, je n’étais pas au point totalement techniquement, j’avais besoin de me développer offensivement, j’ai donc considéré cette saison comme une année d’apprentissage.

Pourquoi partir à Pleyber Christ la saison suivante ?

Reims n’a pas renouvelé mon contrat la saison suivante. J’étais donc à la recherche d’un nouveau club, ce qui n’était pas facile puisque je jouais très peu. Pleyber Christ avait besoin de joueuses. Si je ne me trompe pas, j’allais jouer avec la NF3 au départ et la ligue 2 c’était une option mais heureusement que j’ai fait un carton les 2-3 premiers matchs. Ça m’a franchement surprise de moi-même, offensivement j’étais plus libérée, dans l’ ensemble ma saison était correcte. J’ai réussi à obtenir beaucoup plus de temps de jeu et même être une joueuse majeure de cette équipe.

En 2011-2012, tu explose du côté de Voiron …

J’ai pris la décision de partir de la mer, à la montagne, j’en voulais plus, je voulais jouer du basket haut de tableau de ligue 2, continuer sur ma lancée avec une équipe ambitieuse, Voiron avait ça.

La recette de ce succès, je dirais un coach avec du métier, des joueuses expérimentées, avec des profils complémentaires, tu joues ton jeu, tu apporte ce que tu sais faire, tu n’as pas besoin d’en faire trop. Voiron a été le tournant de ma carrière, j’ai continué sur la bonne intensité, j’étais encore mieux offensivement et techniquement je passais un cap. J’étais une joueuse majeure, un leader offensif.

Une saison qui se termine par une note négative car tu te blesse au genou …

Oui … elle se termine avec une blessure, rupture des ligaments croisés du genou lors du final four. Je n’aime pas trop parler de cette période, c’était un vrai coup dur pour moi, tout le travail d’une saison s’est stoppé en un match. Je me suis faite opérer début juillet puis je suis rentrée chez moi car aucun club ne m’avait signé pour l’année suivante.

Qu’as-tu fait pendant cette blessure qui t’a éloigné des parquets pendant plusieurs mois ?

J’ai commencé par soigner correctement cette blessure à l’insep, je savais que je n’allais pas retrouver de club cette saison là. Du coup je me suis inscrite dans une formation d’agent d’escale, que je voulais faire depuis deux ans mais avec les horaires décalés de la formation et ma carrière de joueuse, c’était impossible à concilier.

Etait-ce important pour toi d’obtenir un diplôme ? 

Bien sur parce qu’une blessure plus ou moins grave peut vite arriver dans un premier temps et puis après faut bien anticiper son après basket. Avant de faire ma formation, j’avais déjà un diplôme, le milieu aéroportuaire m’a toujours passionné.

Quand je faisais ma rééducation, j’en ai profité pour rencontrer les coachs de l’Insep afin de pouvoir m’entraîner. Lorsque j’ai pu  reprendre le chemin des parquets, je faisais très peu d’exercice avec les joueuses car mes horaires de formation ne collaient pas avec leurs heures d’entraînements.

Apres ma carrière je ne sais pas le métier exact que je ferais c’est encore un peu vague mais ce sera dans le secteur du tourisme ou de la communication.

Tu reviens à Chartres à la rentrée 2013, plus forte qu’avant ta blessure, comment explique tu cela ?

Je ne saurais l’expliquer, mon basket est différent aujourd’hui, je joue un basket que je n’aime pas, trop porté sur l’individualisme. Certes mes stats sont meilleures mais j’aime le basket collectif sans forcer, une chose est sûre, je suis revenue avec un autre état d’esprit plus mature, j’ai grandi.

Je voulais tout d’abord prendre du plaisir, j’avais des doutes sur mon niveau de jeu après un an sans jouer, mais j’avais envie de me prouver que je n’avais rien perdu et que je pouvais encore progresser.

Tu vas avoir 25 ans, quels sont tes prochains objectifs ? Que te manque t-il pour les atteindre ?

J’aimerais jouer en LFB. Même si pas mal de coachs pensent que je ne suis pas capable de le faire. Je sais que je n’ai rien à envier à certaines filles en ligue.

Et puis porter le maillot de mon pays d’origine le Sénégal afin de participer à la prochaine CAN , qualificative pour les JO 2016 de Rio.

Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

La santé d’abord, toute la réussite dans mes projets, plus aucune opération, ce serait magnifique.

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