Amitie & Basketball : Ralph vs Mike

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Il est peu courant de voir ce genre d’histoires dans le sport professionnel. Challans reçoit Berck pour un match capital pour le maintien dans un championnat de Nationale 1 particulièrement relevé. L’occasion pour Ralph de retrouver Michael sur un terrain, eux qui furent coéquipiers à l’âge de 10 ans en … 1997.

Confessions est allé à leur rencontre pour parler de leur histoire.

Pourquoi le basket ?

Michael : Parce que j’aimais ça. Je jouais déja seul, sur les terrains de la ville et un jour je me suis fait remarquer par une coach qui a demandé à ma famille de m’inscrire. Tout est parti de là.

Ralph: Honnêtement le basket n’a pas été une passion pour moi dès le début. J’ai choisi ce sport un peu au hasard. Ma mère nous avait entre guillemets forcé mon frère et moi à choisir une activité sportive à l’âge de 9ans. Pour lui ca a été le foot parce que tous ses amis en faisaient. Moi j’ai choisi le basket parce que j’avais entendu que ça faisait grandir (rires)

Comment vous êtes vous connus ?

R: La première fois que je l’ai rencontré c’était à mon tout premier entraînement. Je ne connaissais personne dans l’équipe et j’étais timide donc je restais un peu dans mon coin. je me souviens que c’est lui le premier joueur à être venu me parler et me proposer de venir jouer avec lui et le reste de l’équipe.

M: C’était lors de ma deuxième année avec l’équipe, au premier entraînement de la saison. Un joueur au teint étrange et avec une natte derrière la tête s’est pointé. Je suis allé vers lui et je lui ai dit « Hey toi, tu sais jouer ? ». Dès le premier jour j’ai su que ce gars serait mon meilleur pote dans l’équipe.

Comment était l’autre en tant que coéquipier ?

M: Il avait besoin d’être en confiance pour s’exprimer. On était une vrai bande de potes donc au fur et à mesure de l’année, il a pris de plus en plus d’assurance.
R: Dès le début on ressentait qu’il avait déjà une certaine présence sur le terrain et au sein de l’équipe. Il était assez vocal et bizarrement tout les autres joueurs l’écoutaient quand il parlait et faisaient ce qu’il disait. C’est une des choses qui m’avait interpellé et qui m’avait marqué dès le début.

Et en tant que joueur ?

ralphM: On peut voir que quelqu’un a du talent dès la première balle qu’il touche et Ralph faisait partie de ces enfants la. Nous ses coéquipiers on voyait bien qu’il avait un truc. Seulement, sa timidité l’empêchait de montrer tout ce qu’il savait faire.

R: En tant que joueur il avait déjà un niveau bien plus avancé que nous autres. Il n’était pas timide sur le terrain et n’avait pas peur de prendre des responsabilités, tout l’inverse de moi..

Ton meilleur souvenir basket ?

M: Mon meilleur souvenir, c’est lorsque j’ai appris qu’il allait être sélectionné en équipe du Val de Marne. Le jour de la sélection j’étais stressé car je voulais absolument qu’il en fasse partie. Le fait de franchir ces étapes ensemble, j’étais heureux. Je me souviens on avait un t-shirt de cette sélection on le mettait tous les deux pour aller au collège tellement on était fiers.

R: Pour mon meilleur souvenir je dirais probablement le tournoi de 3 jours qu’on a effectué à Evreux en sélection du Val de Marne lorsqu’on était benjamins. C’est à cette période que j’ai vraiment commencé à apprécier le basket. Et en plus, le fait de passer 3 jours comme ça avec une bande de copains loin de la famille à ne rien faire d’autre que du basket, forcément ça a créé de bons souvenirs et ça a soudé des liens forts avec des personnes que je côtoie toujours aujourd’hui, dont lui bien évidemment.

Mon pire souvenir c’est notre défaite de 2pts en demi-finale contre la sélection du Pas-de-Calais à ce même tournoi. Ca a été une grosse déception pour nous. On était vraiment motivé pour accéder à la finale, et le fait de passé à côté de notre objectif d’un petit panier ça nous est vraiment resté en travers de la gorge pendant un bon moment.

M: Mon pire souvenir, moi, c’est un tournoi ou il n’est pas venu. Avec l’équipe de notre département on avait une chance de faire les finales du championnat national. Et il n’est pas venu. J’avais tellement la haine, je savais qu’avec lui dans l’équipe nous avions vraiment une chance d’y arriver.

Meilleur souvenir hors basket ?

R: Il y en a tellement c’est difficile d’en choisir un en particulier..
Quand on se retrouve aujourd’hui on parle souvent de l’époque collège/lycée qui a vraiment été celle qui a soudé notre amitié parce qu’on se voyait très régulièrement. Je me souviens que tous les jours après les cours il venait prendre son goûter chez moi (une baguette chargée au lait concentré sucré Nestlé). Il était accroc à ça, il pouvait terminer une baguette entière avec son petit verre de sirop de menthe au lait. C’était l’occasion pour nous de commenter nos journées, de parler de tout et de rien. Ce sont des moments comme ça qui peuvent paraître insignifiant sur le moment mais qui avec du recul créent des souvenirs inoubliables.

M: Ralph, c’est aussi toute une famille derrière. J’étais en cours avec son grand frère qui fait partie de mes tous meilleurs amis. Donc finalement tout mon début d’adolescence je l’ai passé chez eux.
Une anecdote …

R: (Rires) J’en rigole déjà rien que d’y penser.. Je suis presque sûr qu’il pense à la même histoire. Bon ca s’est passé lors de notre petit week-end de 3 jours à Evreux avec la sélection du val de Marne (il s’en est passé des choses à ce tournoi…). On dormait dans la même chambre d’hôtel lui et moi et je me souviens qu’on s’était réveillé en retard pour le petit déjeuner ce matin là. Du coup on était un peu dans le rush au réveil donc on avait décidé de ne pas se changer et d’aller directement au réfectoire en pyjama. Bon pour bien visualiser la chose, moi je dormais avec une grenouillère blanche et bleu ciel et lui avait un pyjama pour enfant trop court pour lui.. (Rires)

Donc nous voilà avec nos dégaines dans les couloirs de l’hôtel nous dirigeant vers le réfectoire d’un pas assez rapide. Sur le chemin il me dit : » eh mais Ralph t’es sûr qu’il y aura personne au réfectoire? Parce que la avec nos pyjama si quelqu’un nous voit c’est la honte » et moi super sûr de moi mais surtout trop flemmard pour faire demi tour et rentrer me changer je lui répond:  » mais oui t’inquiète pas! Fais moi confiance, vu l’heure qu’il est tout le monde a déjà mangé et ça sera vide. » Je voyais sur son visage qu’il était pas trop rassuré mais bon sur le moment il a dû se dire que je devais avoir raison. Donc arrivé devant le réfectoire, sans réfléchir on pousse les 2 portes d’entrée grande ouverte et là grosse surprise la salle était pleine! Il y avait tout le monde, nos coéquipiers, les coachs, les joueuses de la sélection féminine, vraiment tout le monde et tous nous fixaient et nous scrutaient de la tête au pied. Et là on est resté figé la bouche grande ouverte. On aurait dit que pendant 5 secondes le temps s’était arrêté et tout le monde avait interrompu ce qu’ils étaient en train de faire juste pour nous regarder.

On a pas attendu de voir quelle serait leur réaction, on a fait un demi tour éclair en courant pour allez vite se changer. Je me souviens encore de lui en train de courir en me criant dessus:
« Tu vois je t’avais dit, regarde maintenant à cause de toi on s’est tapé la honte! »
Du coup suite à ça bien-sûr on a eu droit aux petites vannes pendant tout le week-end. Il m’en a voulu pendant un petit moment d’ailleurs mais bon maintenant quand on y repense on en rigole.

 

M: Sur le coup, je crois que j’ai voulu l’étrangler. Je savais qu’il ne fallait pas qu’on sorte en pyjama. Quand j’ai vu le regard de toute l’équipe féminine sur mon pyjama trop court. Je pleurais intérieurement.

Comment est-il hors du terrain ?
R: Exactement comme sur le terrain. Il sait ce qu’il veut et n’y va jamais par quatre chemins. C’est le genre d’ami qui va couper la conversation pour te dire que tu as de la salade entre les dents. Il y aura une gêne, vous allez sûrement en rire, mais il va te le dire. Il est toujours là pour ses amis et ça même en plein milieu de la nuit… (Rires)

M: Il est honnête et droit. Comme son frère et tout le reste de la famille. C’est le genre de personnes en qui tu peux avoir confiance. Pas une fois il m’a déçu ou trahi, en 20 ans.

Plus grande qualité et défaut ?

M: Sa plus grande qualité c’est sa rigueur, sa discipline. C’était son plus gros défaut quand nous étions petits. Il préférait dormir que de s’entraîner. Et un jour il a transformé cela en une grande force. Entrainement, alimentation, repos … Il a développé ce caractère la grâce au basket mais ça va être un énorme atout pour le reste de sa vie.

Il n’a pas vraiment de défaut mais je dirais que c’est pas la personne la plus bavarde du monde. Si vous ne le connaissez pas, il peut passer sa vie juste à cote de vous sans vous adresser la parole (rires).

12113294_532318930258555_5752121733707883835_oR: Plus grande qualité, sa détermination et son envie de toujours vouloir être le meilleur dans quelque domaine que ce soit.
Plus grand défaut ou faiblesse, les femmes.. Je lui ai toujours dit qu’elles finiront par le tuer (rires). Non, plus sérieusement, ce qui pourrait être considéré comme son plus grand défaut vient de sa détermination. En fait, il a tellement confiance en lui que certaines personnes peuvent prendre cela pour de l’arrogance alors qu’il n’en est rien. Personnellement, je ne considère même pas ça comme un défaut, surtout dans le métier qu’on fait. C’est une question de perception.

Était ce son objectif de devenir basketteur pro ?

M: Non. Et de toute notre vie, ça a été le seul point ou on était pas d’accord. Etant jeune je n’arrivais pas à comprendre pourquoi ça n’était pas son objectif. Je pense qu’il ne réalisait pas que c’était réalisable. Et quand il a fini par s’y mettre ça a été une métamorphose physique et psychologique. Il est enfin devenu la personne et le joueur qu’il aurait toujours du être.
R: Ouais lui, ça a toujours été le cas. Depuis tout petit devenir basketteur pro a toujours été son rêve. Il n’a jamais mentionné aucune autre alternative.

Comment as tu réagi quand l’autre est passé pro ?
R: J’étais super content pour lui. Je savais que c’était un objectif qui lui tenait vraiment à cœur, de plus il avait travaillé très dur pour l’atteindre donc il le méritait. Et étant donné que j’avais été présent durant quasiment toute les étapes qui l’avait mené à cette consécration je vivais sa réussite comme si c’était la mienne.

M: Déja lorsqu’il est parti aux Etats-Unis j’étais super heureux. Je le savais sur un bon chemin. Il a beaucoup progressé et lorsqu’il est revenu ici je savais qu’il aurait du succès. Aujourd’hui il peut vivre de sa passion et vraiment se faire plaisir. Comme il a dit, sa carrière je la vis presque aussi intensément que si c’était la mienne. Car je sais exactement ce qu’il a fait pour en arriver la.

Vous ne vous êtes jamais affronté ?

R: Bah déjà pour commencer il est passé professionnel beaucoup plus tôt que moi. Je n’ai su que très tard que le basket pourrait être plus qu’un simple loisir pour moi. Et après on a eu des parcours très différent. Lui est passé par les centres de formation, équipe espoir, proA, proB etc alors que moi j’ai pas eu la chance d’intégrer un centre de formation étant jeune du coup à 18 ans je suis parti aux États Unis où j’ai passé 6 ans avant de vraiment débuter ma carrière pro il y a juste 4 ans de ça.

M: A l’age de 12 ans, j’ai quitté notre club. Je me souviens qu’il m’avait demandé de rester encore une année, mais je devais partir, il a compris pourquoi ensuite. Apres ça on ne s’est jamais croisé sur un terrain lors d’un match de championnat.

Notre pic de progression ne s’est pas fait au même moment. A 16/17 ans je côtoyais l’univers pro et lui est revenu des Etats Unis bien plus tard.

En vrai je n’ai jamais vraiment voulu l’affronter. A la base je voulais jouer avec lui, qu’on forme un tandem comme lorsqu’on était gosses. Qui sait, peut être un jour ..

Qu’est ce que ça fait d’affronter un joueur avec qui tu as joué toute ton enfance ?

R: D’un point de vue purement sportif, ce n’est pas très perturbant puisqu’on ne joue pas le même poste et que je n’aurais pas directement à craindre ses forces ou à exploiter ses faiblesses. D’un point de vue humain c’est tout autre chose. Il faudra faire abstraction de l’amitié fraternelle pour ne conserver que le respect du sportif pendant 40min. On est des pros, donc on sait le faire, même si c’est vrai que ça reste spécial.

M: C’est motivant. Forcément il y aura les souvenirs en tête car c’est mon pote depuis toujours. Il me connait, ma façon de le respecter, ce sera de tout faire pour lui botter les fesses.

Avec les années comment a évolué votre amitié ?

R: Moi personnellement j’ai l’impression qu’elle a toujours été la même depuis le premier jour. On a souvent été éloigné pendant de longues périodes de temps à cause de nos parcours respectifs, ce qui faisait que parfois on se parlait pas forcément pendant assez longtemps, mais à chaque fois qu’on se retrouvait l’été c’était comme si on avait passé toute l’année ensemble.

M: C’est comme il y a 20 ans. On a pratiquement le même cercle d’amis, que ce soit avec le basket ou en dehors. Des qu’on rentre à Paris l’été, on se voit tout le temps, on s’entraîne ensemble. On se consulte toujours pour prendre des décisions importantes, comme lorsqu’on était petits.
Si tu avais un message à lui faire passer avant ce match ?

Je lui dirais que je connais son jeu par coeur. Il ne pourra pas m’avoir.

On était frères avant et on le sera longtemps après, mais il ne faudra pas m’en vouloir pendant le match (rires).

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